Inventaire des terres du Canada Carte

DESCRIPTION DU TERRITOIRE DE LA FEUILLE DE MONTRÉAL -31H


Table des matières

  1. INTRODUCTION
  2. POSSIBILITÉS RÉCRÉATIVES
  3. ÉCOLOGIE
  4. CLASSEMENT DES SOLS ET POSSIBILITES FORESTIÈRES
  5. CLIMAT
  6. SOLS ET CLASSEMENT DES POSSIBILITÉS
  7. ÉTABLISSEMENT ET UTILISATION DE LA TERRE
  8. POSSIBILITÉS POUR LES ONGULES

  1. INTRODUCTION

    Le territoire inscrit sur la feuille de Montréal couvre l’extrême sud du centre du Québec. Montréal et ses villes satellites de banlieue, fortement industrialisées,ont permis l’enracinement d’un noyau démographique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans la province. Un réseau routier très développé qui permet l'acessibilité à tout le territoire traverse la région dans presque sa totalité. L’économie est rattachée aux nombreuses industries qui transforment les matières premières provenant des autres régions. L’agriculture constitue un apport substantiel dans les milieux ruraux.

    Des sections de trois grandes régions physiographiques découpent le territoire. Au centre, les basses terres du Saint-Laurent, sur socle ordovicien ont été envahies par la mer Champlain qui les a recouvertes de sédiments argileux et limoneux. Le retrait des eaux a favorisé la formation de plateaux, de grèves, de lignes de rivages et de terrasses de nature sableuse sur les rives du Saint-Laurent et de ses affluents. On note également la présence des tills glaciaires plus ou moins remaniés sur le rebord du plateau Laurentien et sur les coteaux qui émergent de la plaine. Le relief, à l’exception de quelques collines volcaniques, est très peu prononce et son élévation dépasse rarement 600 pi. A la limite nord-ouest des basses terres du Saint-Laurent se trouve une faible étendue du bouclier Canadien. Ces roches d’origine précambrienne ont été recouvertes de tilla glaciaires d’épaisseur variable. Le relief est très accidenté et les collines sont en général très dense. Enfin dans le coin sud-est du territoire la division des terres hautes et les monts Sutton représentent la limite nord de la région appalachienne. Ces formations rocheuses d’origine Cambrienne et Ordovicienne sont associées aux tills et aux dépôts fluvio-glaciaires. Le relief est vallonné, les élévations moyennes varient de 500 à i 500 pi.

    Les principales nappes d’eau de la feuille sont : au nord-ouest le fleuve Saint-Laurent et au sud-est le lac Memphremagog. Au nord du fleuve, les rivières Chicot, aux Chiens, Mascouche et l’Assomption sont les principaux tributaires. Au sud les rivières Chàteauguay, Richelieu, Yamaska, Saint-François et Nicolet baignent la majeure partie du territoire.

    Les sols se sont développés à partir des dépôts glaciaires ou post-glaciaires. Sur les dépôts fins d’origine marine ou lacustre on trouve notamment toute la série des gleysols. Sur les sables d'origine marine, fluviatile ou alluvionnaire on rencontre des podzols orthiques ou gleyifiees indépendamment de l’épaisseur de la couche sableuse recouvrant les dépôts plus fins. Sur la partie du bouclier précambrien et la formation des Appalaches, dominent les podzols, les bruns boisée acides et parfois même certains types de sols éolisés.

    [Table des matières]


  2. POSSIBILITÉS RÉCRÉATIVES

    Les possibilités récréatives les plus intéressantes sont pour la plupart liées à des aménagements anthropiques ; ceux-ci se concentrent surtout aux environs de Montréal et dans la vallée du Richelieu.

    On trouve également dans la plaine du Saint-Laurent quelques plages intéressantes mais peu nombreuses. Les secteurs riverains se limitent essentiellement au lac Champlain au Saint-Laurent et au Richelieu. Ils subissent les limitations dues aux herbes marines, à la pollution et à la turbidité. Il existe tout de même deux plages au lac Champlain et quelques plages à lie Bizard.

    Le camping est déjà passablement développé dans se secteur, mais c’est la pression démographique beaucoup plus que le potentiel naturel réel qui explique ce phénomène. Il y a quelques sites intéressants sur le Richelieu et au lac Champlain. De nombreux facteurs limitatifs contrôlent la construction de chalets : les principaux sont les herbes et la pollution.

    La pécha est bonne dans le Saint-Laurent, le Richelieu et la rivière Vamaska. Ailleurs, la baisse du niveau de l’eau an été est très défavorable. Il semble que les conditions naturelles du milieu favorisent une reproduction rapide et abondante des passons.

    Les collines montérégiennes offrent des dénivellations suffisantes pour le ski, mais les conditions de pentes et de neige sont défavorables. Les points de vue y sont magnifiques.

    La partie appalachienne renferme de nombreux lacs très propices à la récreation de plein air. Les activités liées aux plages trouvent de nombreux ailes sur une étendue restreinte, sort : les lacs Memphrémagog, Montjoie, Stukely, Brome, Massawippi (2 plages), d’Argent, Brompton. Leurs rives subissent peu de limitations. La température de l’eau est confortable, la pollution négligeable et les herbes moins abondantes que dans les zones riveraines de la plaine.

    A cause des dénivellations très importantes et des conditions nivales, le ski y est beaucoup plus favorable que dans la plaine et offre d’excellentes possibilités, soit les monts : Sutton. Orford. Owl Head, Bromont.

    Dans certains cas, on peut facilement concevoir des complexes associant le ski d’hiver eux activités aquatiques an été. Tels sont les monts Orford et Owl Head ainsi que les lacs Memphrémagog et Stukely.

    Tous les lacs de cette région sont propices à la pèche et ce malgré le nombre d’amateurs qui s’y adonnent. En effet, las eaux chaudes permettent une reproduction rapide et généreuse du poisson. Les possibilités de chasse n’offrent rien d’exceptionnel.

    En résumé la partie appalachienne se prête à la récréation presque toute l’année. Ski en hiver, parties de sucre au printemps, baignade. yatching et péche an été. paysages et chasse au petit gibier an automne, constituent autant de possibilités offertes par se secteur peu étendu.

    A part le Saint-Laurent, le Richelieu, le lac Champlain, quelques cours d’eau secondaires et les collines montérégiennes, il n’y a rien d’intéressant au point de vue récréatif dans la plaine. Ce sont les Appalaches au sud et les Laurentides au Nord qui attirent le plus le tourisme. Les autoroutes conduisant rapidement les Montréalais sur les sites les plus attrayants : les lac Memphrémagog. Massawippi, etc., les centres de ski Orford, Bromont, Sutton, etc. Il est à prévoir que ces régions à potentiel récréatif très fort, se développeront éventuellement, vu 19s facilités d’accès et la proximité de centres urbains importants au Québec et aux États-Unis.

    Classement des possibilités et texte par F. Gagnon, V. Rancourt H. Chapdelaîns, pour l'inventaire des ferres du Canada du ministère du Tourisme, de la Chassa et de fa Péche.

    [Table des matières]


  3. ÉCOLOGIE

    Les terres basses de Champlain sont exploitées surtout pour l’agriculture. Sur les terres agricoles non mises en voleur, o couverture forestière est composée d'érable à sucre (Acer socchorum Moruh), de chêne à gros fruits (Quercus macrocorpo Michx.), de chêne rouge (Quercus rubra L), d’orme blanc (Ulmus omericana L.), de tilleul (Tifio omericana L.) et de caryer (Coryo spp.) tandis que sur les sols sobleux, le pin (Pinus spp.) et le peuplier (Populus spp.) sont les essences dominantes.

    Les terres bosses sont aussi caractérisées par la présence de nombreuses tourbières, celles qui se sont formées sur de argile étant moins acides que celles qui se sont formées sur du sable. Comme le relief est plot, les zones humides se rencontrent seulement dons les bassins de o Richelieu et du Saint-Laurent. Les plantes aquatiques caractéristiques comprennent les genres suivants : acorus (Acorus), scirpe (Scirpus), lis d’eau (Nuphar et Nymphaea), beau. coup d’espèces de potamot (Potamogeton), rubanier (Sparganum), plantain d’eau (Afismo), butome (Butomus), élodée (Anacharis), vallissérle (Vaffisner,a), hippu ride (Hippuris), myriaphylle (Myriophyllum), noTas (Najas), typha (Typha), Zizanie (Zizania) et renouée (Polygonum)

    Les zones très propices à la sauvagine se rencontrent surtout sur les multiples lies du Saint-Laurent ainsi que dons les baies isolées le long du fleuve et des rivières secondaires. Les fluctuations saisonnières du niveau de l’eau du Saint-Laurent abaissent les possibilités de production des îles.

    Dans le sud-est, le relief vallonné des Appalaches convient mieux que les terres basses à la formation de zones humides mais ces dernières sont moins étendues que dans le bassin du Saint-Laurent. La région est bien boisée : érable à sucre, bouleau des Alléghanys (Betula olleghoniensis Britt), épinette blanche (Picea glauca (Moench) Voss), sapin baumier (Abies baluomea (L.) Mill.), pin blanc (Pinus strobus t.) et pruche (Tsugo sp), croissent en sol riche et bien égoutté. Aux endroits plut exposés, aux sols minces, les essences dominantes sont l’épinette blanche, le sapin baumier et le bouleau à papier (Betula popurifera Marsh).

    La végétation des zones humides de bonne qualité des terres hautes est très diversifiée. Les plantes les plus abondantes appartiennent aux genres : typha, pontédérie (Pontederia), potamot, carnifie (Ceratophyllum), lis d’eau, lenticule (Wolffia et Lemno), roseau (Phragmites), scirpe, jonc (juncus), carex (Carex), colla (Colla) et élodée. Les marécages du sud-est servent pendant la migration des oiseaux et comptent parmi les endroits dont les possibilités de production sont les meilleures de la région. Au nord-ouest les possibilités sont moindres à cause du relief ; les zones humides sont rares et non productives.

    Règle générale, la chasse à la sauvagine est limitée au fleuve Saint-Laurent, à la partie sud de la rivière Richelieu et à quelques-uns des marécages du coin sud’ est.

    Classement des possibilités effectué par C. A. Drolet et G. Arsenouit, du Service canadien de la faune.

    [Table des matières]


  4. CLASSEMENT DES SOLS ET POSSIBILITES FORESTIÈRES

    La section forestière du haut Saint-Laurent est constituée principalement de la sère physiographique suivante : la saulaie noire près des cours d’eau ; l'érablière argentée à érable rouge, l'ormaie-frênaie à chêne à gros fruits et/Ou bicolore et à noyer et l'ormaie-frênaie sur dépôts limono-argileux ; l'érablière à bouleau jaune sur sables tins et humides ; la pinède blanche à pin rouge sur cordons ou terrasses sableuses ; l'érablière laurentienne à tilleul et frêne blanc sur les tîlls épais ; l‘érablière à chêne rouge et la pinède blanche à pin rouge au sommet des collines. N’étant pas importantes, soit au point de vue utilisation soit au point de vue unité cartographique la saulaie noire et la pinède blanche sur lithosols n’ont pas été classées.

    L'érablière argentée à érable rouge est un groupement forestier formé d’érable argenté, d’érable rouge et souvent d’hybrides de ces deux espèces ; parfois on y rencontre de l’orme. Il occupe généralement les alluvions récentes qui sont d’être inondées périodiquement. Le profil du sol est très faiblement tantôt au sous-groupe des gleysols humiques régosoliques. L’humus est un hydromull bien développé. La texture varie entre un loam sableux et un loam argileux. L'égoutternent, il va sans dire, est lui aussi variable, non seulement é cause des changements de structure et de texture, mais surtout à cause de la durée irrégulière des périodes d’inondation. Malgré des conditions édaphiques peu favorables à la majorité des espèces forestières, l’érable argenté s’adapte très bien à ces milieux particuliers. L’accroissement annuel moyen peut atteindre 105 pi/acre sur les sols à texture de loam sablo-argîleux et dont la classe de drainage varie de modéré à imparfait. Les sols plus argileux et moins bien drainés ne permettent guère un accroissement du volume ligneux plus élevé que 75 pi /acre annuellement. Ainsi les peuplements d’érable argenté sont classés 21 et 31 selon que les conditions de drainage du sol sont plus ou moins bonnes.

    L’ormaie-frênaie à chêne à gros fruits se compose surtout d’orme d’Amérique et de frêne noir. On y trouve comme espèces associées le chêne à gros fruits, le chêne bicolore, le noyer cendré, le frêne de Pennsylvanie et parfois le caryer à fruits doux et l’orme roux. Quoique assez rare aujourd'hui ce type de peuplement occupait, avant le défrichement des terres, la majeure partie de la plaine alluviale outaouaise de même que de petites superficies dans les vallées tributaires.

    Les dépôts supportant cette végétation sont de nature argileuse ou limoneuse. Ils ont donné naissance à des gleysols humiques ou encore à des brunisols mélaniques gleyifiés avec un hydromull comme horizon de surface. Les conditions de drainage varient de bonnes à imparfaites. Sur les sols moins bien drainés, l’accroissement est ralenti. Les sous classes 20 et 3W ont ainsi été retenues pour ce groupement.

    L’ormaie-frênaie est un peuplement à dominance d’orme d’Amérique et de frêne noir accompagnés, à l’occasion, de frêne de Pennsylvanie, de chêne à gros fruits et de noyer cendré. Cette association se retrouve sur les mêmes types de dépôts que celle de l’ormaie-frênaie à chêne à gros fruits, cependant, les conditions de drainage sont bien différentes. En effet, dans ce cas-ci, la nappe phréatîque reste élevée la majeure partie de l’année, le milieu devient plus asphyxiant, ce qui se traduit par une diminution de croissance. Ces sols ont été classés 4W.

    L'érablière à bouleau jaune est constituée principalement d’érable à sucre et de bouleau jaune. On y trouve comme espèces associées, le tilleul, le hêtre, le frêne noir, te sapin, la pruche et le pin blanc. Cette association semble être édaphique et elle se localise presque unîquement sur les sables fins où le drainage est défectueux (série de sol Saint-Jude) le plus souvent à cause d’une couche imperméable sous-jacente. Le sol est un podzol humo-ferrique gleyifiés ayant comme humus un mor bien décomposé. Suivant les conditions de drainage, l'érablière à bouleau jaune peut atteindre un accroissement annuel moyen variant entre 50 et 75 pi /acre. Elle est placée dans les sous-classes 3~ et 4~.

    Le pin blanc et le pin rouge an peuplements purs et quelquefois mélangés avec la pruche colonisent facilement les dépôts sableux ou sablo-graveleux. Ces matériaux, généralement bien drainés et parfois excessivement drainés, favorisent le développement de podzols humo-ferriques. Les mesures dendrométriques, faites dans des peuplements naturels aussi bien que dans des plantations, ont permis de placer les sables fins et moyens à drainage bon dans la classe t et les sables grossiers ou graveleux à drainage excessif dans la sous-classe 2~.

    L'érablière à orme est un peuplement formé principalement d’érable à sucre ayant comme espèces associées, l’orme d’Amérique, le frêne noir, le tilleul et parfois l’orme roux et le noyer cendré lorsqu’il y a présence de roches calcaires. L'érablière à orme occupe une position intermédiaire entre l’ormaie-frênaie à chêne à gros fruits et ‘érablière laurentienne. On la retrouve donc au bas des pentes, principalement sur des tilts et à l’occasion sur des alluvions de la plaine qui sont en contact avec les tills glaciaires. Les sols, en général, font partie du sous-groupe des brunisols mélaniques gleyifiés ayant comme horizon de surface un mulI bien développé. Le drainage peut être bon, modéré et quelquefois imparfait. Ces sols ont été classés 20, 3W et 4W.

    L'érablière à tilleul (laurentienne) est une association où l’érable à sucre domine et qui renferme du frêne blanc. du tilleul et parfois du hêtre, du caryer cordiforme et du noyer cendré. Le profil du sol est un brunisol mélanique orthique, dérivé de tilI bien drainé assez profond et contenant des roches calcaires. L’humus est un mulI bien développé. La sous-classes 2C a été attribuée aux tills calcaires bien drainés et la sous-classe 3F aux tilIs bien drainés mais ne contenant pas de roches calcaires.

    Les tilts minces, les tills délavés et les tills dont la rétention en eau fait défaut, sont boisés principalement d’érable à sucre et de chêne rouge. On y trouve aussi de t’ostryer, du frêne blanc, du tilleul et du hêtre, mais en quantité peu importante. La présence de roches calcaires favorise l’introduction du caryer cordiforme et du charme de Caroline. Les tills délavés adjacent à la plaine argileuse on été classés 3M, les titis mince bien drainés 4~, les tills minces excessivement drainés 5~ et les sommets 6~.

    La chênaie rouge est constituée presqu’uniquement de chêne rouge, avec lequel on trouve ça et là du frêne blanc, du pin blanc, du pin rouge, de l’ostryer et de l’érable rouge. La chênaie occupe les sommets lithosoliques des collines de la plaine et du rebord du plateau laurentien. L’habitat est très sec et renferme de nombreux affleurements rocheux. Ce groupement fait partie des sous-classes 6~ et 7~.

    La section forestière du moyen Sainf-Laurent est la continuation vers l’est de la section forestière du haut Saînt-Laurent. Les dépôts et les classes de drainage sont nombreux et varient de façon indéterminée en raison de la faible topographie de la région. Les peuplements qui colonisent cette région se présentent sous forme de mosaïque contrairement à d’autres régions où l’on peut percevoir plus facilement des sères physiographiques. Ces peuplements sont décrits dans l’ordre de leur affinité à la classe de drainage soit de la classe la plus sèche à ta classe la plus humide.

    Le pin blanc et le pin rouge colonisent généralement les mémes dépots que dans la section forestière précédente. Le drainage et le sous-groupe de sol sont également les mêmes. Ainsi, les sables fins et moyens. bien a rapidement drainés sont classés 1, les sables grossiers rapidement drainés sont placés dans la sous-classe 2~ et les sols graveleux bien drainés dans la sous-classe 2F. Cependant, cette pinède se retrouve également sur des crêtes rocheuses avec très peu de sol meuble. Ces Crêtes rocheuses, beaucoup moins productives, ont été classées 4~.

    L'érablière à frêne d’Amérique est un peuplement où domine l’érable à sucre accompagné du frêne blanc, souvent du bouleau jaune et parfois du hêtre. I colonise tes dépôts morainiques bien drainés qui ont développé généralement des brunisols sombriques orthiques. Cette érablière est assez productive et les sols qui la supportent ont été classés 3M.

    L'érablière à tilleul est semblable à celle décrite pour la section forestière precédente. Le sous-groupe de sol est également un brunisol mélanique orthique sur les tilts profonds, minces ou délavés, issus de roche mère calcaire. Cette érablière se rencontre également sur un loam sur sable, toujours à pH élevé. Ces stations ont généralement un drainage qualifié de bon à modéré. Les sous-classes retenues pour le classement de ces sots sont les suivants : 3M pour les tilla épais bien drainés, 3C pour tes loams bien drainés et les tilts délavés modérement drainés, 3~ pour les tîlls minces modérement drainés et enfin 4~ pour les tilts minces bien drainés.

    Sur les dépôts minces ou délavés bien drainés et dont le pH est acide, se trouve un groupement édaphique composé d’érable à sucre et de hêtre généralement associé au bouleau jaune et parfois à l’ostryer de Virginie. Ces sols, qui ont généralement comme sous-groupe un podzol humo-ferriques orthique ou lithique, n’ont pas une très bonne productivité et on les a classés 4L~ pour les dépôts minces et 4~ pour tes tilts délavés.

    Bien que l'érabliére à bouleau jaune soit de composition identique à ‘érablière à bouleau jaune décrite dans la section forestière précédente, elle colonise cependant une plus grande variété de dépôts. En plus de la rencontrer sur les sables fins ou sur les loams sableux à drainage modéré, on la retrouve sur les tills acides minces et épais, modérément et imparfaitement drainés. Les sous-groupes de sol généralement observés sont les podzols humo-ferriques orthiques ou gleyifiés. Ainsi les tills épais et minces de même que les loams ou les sables fins modérément drainés ont été cartographiés dans la sous-classe 3C alors que les tilla délavés de même classe de drainage ont été placés 3F. Les tilla épais et les tilla délavés imparfaitement drainés ont été mis dans les sous-classes 4F et 4~ respectivement.

    L'érablière à orme, composée principalement d’érable à sucre et d’orme d'Amerique accompagnés parfois de bouleau jaune, d’érable rouge et de frêne noir se rencontre sur de petites superficies qui Ont comme dépôt un loam sableux modérément drainé. Les brunisols caractérisent généralement le grand groupe de sol; ces sols ont été classés 3W et 3C selon que le dépôt est plus ou moins profond.

    La sapinière à érable rouge composée surtout de sapin baumier, d’érable rouge et souvent de frêne noir, de thuya et de pruche colonise les dépôts constitués de sable moyen. Elle se rencontre sur les sols modérément à imparfaitement drainés que on développé des podzols humo-ferriques orthiques ou gleyifiés. La productivité de ces sols demeure assez bonne et les sous-classes retenues sont les suivantes :

    3W et 3 ~ pour les sables moyens imparfaitement drainés et 4~ pour les sables moyens modérément drainés.

    [Table des matières]


  5. CLIMAT

    Le territoire, Situé dans les régions climatiques agricoles 3H, 3K et 4K, possède un climat sub-humide de type continental tempéré, à hivers froids et étés chauds. En termes de moyennes annuelles, la Plaine de Montréal se trouve la plus favorisée des trois régions physiographiques, relativement aux températures moyennes annuelles (Plaine : 40 à 43~F, Laurentides : 39, Appalaches : 39 à 40), à la période de végétation (3000 à 3400 degrés-jours au-dessus de 42~F, 2700 à 3000, idem), et à la période sans gel (125 à 150,115 à120, 115 à 125 jours). Les limites restreintes des deux derniers facteurs climatiques resserrent l’éventail des possibilités agricoles dans les Plateaux laurentien et appalachien ; toutefois, les précipitations moyennes annuelles (36 à 40, 34, 40 à 42 po) ne varient pas suffisamment d’une région à l’autre pour imposer de semblables restrictions,

    [Table des matières]


  6. SOLS ET CLASSEMENT DES POSSIBILITÉS

    Tout le territoire a subi une glaciation continentale, suivie de l’invasion marine des basses terres du Saint-Laurent. La glaciation a laissé des dépôts morainiques et la mer y a superposé d’épais sédiments argileux, partiellement recouverts, à leur tour, par des sédiments sableux ou limoneux, lors de la retraite des eaux marines, La majorité des sols s’est par conséquent développée sur des roches mères morainiques, argileuses, sableuses ou limoneuses, Les sédiments argileux, sableux et limoneux occupent à peu prés exclusivement la Plaine avec quelques croupes morainiques entourant des bassins à tourbières, Cependant, le gros des matériaux morainiques couvre les Plateaux laurentidien et appalachien, plus une faible proportion de sables et de graviers fluvio-glaciaires et de très petites enclaves de sédiments lacustres, Les sols issus des sédiments sableux se classent surtout dans les podzols humo-ferriques, dont certains possèdent une couche indurée à ortatein, Leurs principales limitations réfèrent soit à une basse fertilité (F), soit à une faible capacité de rétention pour l’eau (M), soit à de mauvaises conditions de drainage (W). A l’exception de certains sols loameux sur sables fins qui appartiennent à la classe 3, presque tous sont de la classe 4.

    Les sols formés sur sédiments argileux, recouverts ou non d’alluvions loameuses, se rangent surtout dans les gleysols humiques, L’excès d’humidité (W) ou le manque de perméabilité du sous-sol (D) constituent leurs limitations majeures, Certaines alluvions, superposées aux argiles le long des principaux cours d’eau, ne présentent pas de telles limitations et sont classées 1 ou 2X. La plupart des sols argileux cependant se rangent dans la classe

    2 et quelques-uns dans la classe 3. Les dépôts morainiques fournissent une grande variété d’individus, en raison de la diversité des matériaux et des modes de drainage naturel. Les sols morainiques imparfaitement ou mal drainés entrent surtout dans les gleysols humiques ou dans les gleysols éluviés. La pierrosité (P) ou la trop faible profondeur (R) constituent les limitations de base à tous les sols morainiques du territoire. Ces limitations, souvent associées à un relief prononcé (T) ou à un excès d’humidité (W), varient en intensité, individuellement ou en combinaison, pour donner des sols couvrant toute la gamme des possibilités pour l’agriculture, Après l’amélioration permanente de ‘épierrement, les brunisols mélaniques accèdent aux classes 1 et 2, tandis que les meilleurs brunisols dystriques et les meilleurs podzols humo-ferriques entrent dans les classes 2 et 3. Tous les sols de la classe 4 sont marginaux pour les cultures de labour,

    Offrant encore moins de possibilités, la presque totalité des sols du Bouclier laurentidien et une forte proportion de ceux de la zone appalachienne ne conviennent qu’à la production de plantes fourragères vivaces (classe 5) ou sont complètement inaptes à l’agriculture (classe 7) en raison d’un relief défavorable, d’une pierrosité excessive ou d’une trop faible profondeur. D’autre part, l’extraction de graviers et de sables fluvio-glaciaires se fait à un rythme accéléré dans presque tous les dépôts existants, Les principales superficies utilisées intensément comme gravières se situent au sud des lacs Waterloo et Brome, Ces superficies, parsemées d’immenses cavités et devenues inutilisables pour l’agriculture, Ont été classées 7~, même ai le relief et l’enlèvement du sol résultent de l’action anthropique. Par ailleurs, les autres superficies inutilisables à des fins agricoles, en raison de pentes raides causées par le ravinement naturel, sont marquées 7T, Les sols organiques ne sont, d’autre part, que partiellement utilisés pour l’agriculture. C'est dans la région de Sainte-Clothilde-de-Chàteauguay et de Sherrington que se trouvent les principales étendues de sols organiques améliorés et intensément cultivés pour la production des légumes.

    [Table des matières]


  7. ÉTABLISSEMENT ET UTILISATION DE LA TERRE

    Ce n’est qu’après le traité de paix avec les lroquois que l’agriculture s’étend, dans la région de Montréal, en remontant les rivières. Les rives du Richelieu et de la Vamaska sont en partie peuplées en 1760, et à la fin du siècle, les meilleures étendues argileuses à proximité des voies navigables et les terres fortes du centre de la Plaine deviennent graduellement occupées. Le peuplement définitif des rives de la Chàteauguay se tait plus tard, avec l’arrivée d’immigrants écossais et irlandais, en remplacement des premiers colons américains forcés de partir après la défaite de 1813. Des immigrants britanniques et des loyalistes colonisent les Cantons de l’Est (aussi désignés sous le nom d'Estrie) vers la même époque, non plus dans le système du rang mais selon celui du township. En 1831, 160000 habitants peuplent la Plaine et 260 000, cent ans plus tard, A la fin du dix-neuvième siècle, les colons doivent, par suite de l’occupation des meilleurs sols, aller coloniser des terrains plus pauvres, à la périphérie de la Plaine et dans les zones de piémont. C’est alors que s’amorça la dépopulation agricole locale, accentuée maintenant par l’attrait d’une métropole et ses empiétements au dépens du terroir fertile. Ces empiétements viennent principalement des développements domiciliaires, des aménagements de transport (autoroutes, aéroports) des parcs industriels et de la ceinture périphérique discontinue de spéculation foncière.

    En plus de rétrécir son domaine agricole, l’agriculture doit aussi se soumettre, comme celle du reste de la province, à d’autres exigences, notamment la consolidation des fermes trop petites pour être rentables (surtout dans la Plaine) et le réaménageaient à d’autres fins des terres faisant actuellement partie du domaine agricole (Cantons de l’Est), mais considérées impropres à une exploitation profitable. Malgré ces nécessaires adaptations aux conditions nouvelles, l’agriculture du territoire reste nettement favorisée par la proximité du marché de Montréal, centre stratégique de communication et pôle de croissance très dynamique pour le commerce et l’industrie. Les particularités du climat et la nature des roches mères ont contribué à développer toute une gamme de sols supportant des types de ferme très divers : fermes laitières, horticoles, fruitières, avicoles, fermes d’élevage, de cultures industrielles, fermes mixtes associant plusieurs de ces activités, sans spécialisation marquée, Le Montréal agricole produit plus de 80% de la récolte provinciale totale en légumes de conserveries, pommes, pommes de terre hàtives, betteraves sucrières et plus de 70% des légumes de consommation nature. En 1966, les fermes de la Plaine représentaient, en nombre 22% de celles du Québec, et, en produits agricoles vendus, 340/o. Tous ces avantages naturels et situationnels font de la Plaine de Montréal la région agricole majeure de la province et celle qui cède le plus de terrain à l’expansion urbaine annuelle.

    Classement des sols selon leurs possibilités pour l’agriculture par P. G. Lajoie et A. Mailloux, d’après les renseignements contenus dans les relevés pédologiques de la province de Québec.

    [Table des matières]


  8. POSSIBILITÉS POUR LES ONGULES

    La région offre des possibilités moyennement grandes à la production d’ongulés. Les terres de classe 2 occupent environ 2O~’/~ du territoire et se localisent surtout dans le coin sud-est. La faible épaisseur de tills sur roc ou encore l’excès ou le manque d’humidité dans le sol limitent l’aptitude de ces terres à la production d’ongulés.

    Les terres de classe 3 couvrent approximativement 35% de la feuille et les grandes superficies de cette classe se situent principalement dans la partie nord-est. Drainage médiocre, répartition des modelés de terrain et parfois manque de profondeur de sol sur couche imperméable sont les principales causes de limitation.

    Les terres de classe 3W se rencontrent occasionnellement dans certains endroits où la qualité du couvert et de la nourriture le permet, ou le permettrait si ces zones n’avaient pas été défrichées. L’excès d’humidité dans le sol et la médiocre répartition des modelés de terrains limitent l’aptitude de ces terres.

    Les habitats de classe 4 couvrent une superficie équivalente à celle de la classe 3’ Leurs limitations varient du manque de fertilité sur les sables profonds au manque ou à l’excès d’humidité, au peu de profondeur du sol sur la roche en place et à un médiocre répartition des modelés de terrains.

    De faibles superficies de classe 5 et 6 sont présentes surtout dans les parties sud-ouest et nord-est. L’excès d’humidité et le manque d’éléments fertilisants dans le sol y restreignent considérablement la production de nourriture et des abris nécessaires aux ongulés. Quelques marais forment de petites zones qui appartiennent à la classe 7. Il n’existe pas de classe i sur cette feuille.

    La majorité des basses terres du Saint-Laurent sont ou ont été récemment cultivées. Elles produisent moins d’ongulés que l’indiquent les possibilités théoriques. Ailleurs les nombreuses perturbations qu’ont subi les forêts ont donné aux peuplements un équilibre instable. A l’exception des basses terres du Saint-Laurent qui ont une vocation agricole, il serait possible d’améliorer les conditions présentes et d'accroitre par un aménagement approprié la capacité de support de certains habitats.

    Classement des possibilités par : R. Bouchard et J-M. Brassard du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche du Québec, 1972.

    [Table des matières]